lundi 13 août 2012

Excursion à la Falda

Maintenant que le semestre est bien entamé, la ruka residencia affiche quasiment complet. Ma coloc' est d'ailleurs arrivée hier soir : il s'agit d'une Espagnole de 24 ans prénommée Catalina. Espérons que ma première expérience de vie partagée se passera correctement, cela semble bien parti en tout cas.
Après avoir dormi trois heures, je me lève tôt en compagnie de Catalina direction la Falda, à 1h30 de bus au nord de Cordoba. Le week-end prochain, nous devrions partir sur plusieurs jours étant donné que le lundi est déclaré jour férié.

Arrivées à la station de bus de la Falda, nous prenons des taxis pour rejoindre le lac, à quelques kilomètres seulement.

La Falda, sierras du centre de Cordoba

Les conditions sont parfaites : soleil solitaire, températures clémentes, vent léger... Nous avions au préalable entendu dire que des chevaux étaient disponibles pour faire des randonnées dans le coin. Effectivement, nombre de chevaux étaient visibles au bord de la route et dans les jardins environnants. Totalement libres, sans le moindre licol ou clôture pour les retenir... et les chevaux semblent rester à proximité malgré cela.

Voici Forastero (étranger) au repos lors de notre arrivée à la Falda

Bien qu'il y ait des chevaux un peu partout, pas trace d'écurie, de sellerie ou d'hommes. On rentre donc dans le premier bâtiment qui se trouve sur notre chemin, et un Argentin prénommé Oscar nous a fourni une aide précieuse. Avec deux amies, je suis montée dans sa voiture afin de trouver le fameux "Aldo" qui doit s'occuper des chevaux ici. Après avoir fait le tour du village en hélant "Aldo vive aca? Aldooooooooo?", un gars en scout prit en compte notre demande et revint 30mn plus tard avec sept chevaux criollos. Je choisis de monter l'alezan Forastero, que j'avais repéré auparavant ;)

Notre randonnée a duré une bonne heure et fut époustouflante. Nous sommes allées dans les montagnes offrant un panorama sur la ville de la Falda. Les chevaux étaient en forme et agréables,  ils prenaient également plaisir à galoper sur les nombreux sentiers de terre.
Le bonheur se trouve vraiment entre les oreilles d'un cheval...

Estudiantes y criollos (y perro)

La randonnée s'est bien terminée pour tout le monde, même pour Anais qui s'est faite trimbaler sur 200m de route au galop à la fin, l'inconsciente...^^ Nous avons chaleureusement remercié Oscar, qui sans conteste nous aura embelli la journée.

Nous décidons d'aller prendre notre déjeuner aux fameuses "siete cascadas", endroit sûrement délectable lorsqu'il fait 50°C. Cependant, nous avons remplacé la baignade par un peu d'escalade.

Siete Cascadas, La Falda.

dimanche 5 août 2012

Excursion à Alta Gracia

A une heure de bus au sud de Cordoba, Alta Gracia est une petite ville établie autour d'un lac artificiel dont le principal intérêt est son estancia jésuite du XVIIème siècle classée au patrimoine mondial de l'humanité.

Iglesia de la Estancia Jesuistica de Altagracia

A l'intérieur de l'estancia

Alta Gracia est également célèbre pour avoir compté parmi ses habitants dans les années 1930 la famille du jeune Ernesto Guevara. En effet, Ernesto Guevara, où le "Che" (une interjection argentine) n'est pas originaire de Cuba mais de Rosario en Argentine. En 1932, suivant les conseils d'un médecin qui recommandait un climat plus sec pour l'asthme du jeune Guevara, ses parents déménagèrent à Alta Gracia. C'est là que Guevara allait passer son enfance.
Depuis une dizaine d'année, son ancienne maison a été reconvertie en musée. Bien qu'étant passés devant, nous ne l'avons pas visité car les prix étaient extrêmement chers comparés aux tarifs habituels des musées. Autrement, c'est avec grand plaisir que j'aurais ramené des cigares aux copEins :f

Début des cours à l'université

Voilà déjà  1/16 du parcours du premier semestre effectué ! Cette première semaine fut réservée  au test des matières pouvant potentiellement m'intéresser. 

Au final, mon emploi du temps ressemblera à ceci :
- mardi : problematica filosofica
- mercredi : relaciones intercionales, literatura hispanoamericana II, etica, sociologia de las organizaciones (loooongue journée...)
- jeudi : problematica filosofica, sociologia de las organizaciones.
- vendredi : literatura hispanoamericana II.

Au total, 16 heures de cours qui me permettront de profiter de mon vendredi après-midi, samedi, dimanche et lundi pour voir du pays. 

Avec le début de ce nouveau semestre, la Ruka s'est remplie de nouvelles têtes. Vendredi soir, nous avons donc fait un barbecue de bienvenue en l'honneur des Paraguayens, Brésiliens, Mexicains et Français fraîchement arrivés.

Pour nourrir tous les Rukenos, le sacrifice d'une vache est nécessaire

Je suis également très fière de vous annoncer que j'ai récemment fait l'acquisition d'un nécessaire à maté ! Le maté est la boisson typique des Argentins, une sorte de thé très fort qui se partage entre plusieurs personnes à l'aide d'une paille ("bombilla").

Je pressens de grandes nuits d'intimité étudiante entre mon maté et moi-même  <3

Enfin, je tiens à remercier Skype grâce à qui les échanges universitaires sont moins violents. Beaucoup d'entre vous parviennent à me consacrer un peu de leur temps libre, ce qui m'est fort agréable.
Cependant, la palme d'or du meilleur Skypeur revient sans conteste à mister Zeller. Prenez-en de la graine ;)

Le pauvre petit vit dans un monde imaginaire... sous le soleil croulant de Normandie

lundi 30 juillet 2012

Excursion à la Cumbrecita

Je vous le confirme, il y a beaucoup de choses à voir dans ce coin de l'Argentine. Ainsi, mon week end fut très occupé : il me fallait profiter de ces derniers instants de pure liberté avant le début des vrais cours avec de vrais prof qui parlent vraiment l'argentin. Ce qui va tout de suite mettre la barre un cran plus haut.

La journée de samedi a été mise à profit par la visite du palacio Ferreyra, musée des beaux arts à l'architecture assez sublime. 
Le soir, j'ai rejoint quelques Français afin de visiter le marché artisanal de Guemes. L'ambiance était très agréable, et nous avons prolongé la soirée en s'installant dans un bar de Nueva Cordoba où jouait un groupe de jeunes Argentins. J'ai à cette occasion fait la découverte d'un alcool de là-bas, la Gancia.

En revenant vers 23h à la Ruka, il y avait une grosse soirée en l'honneur du départ de trois de mes colloc'. Vers 3h, je salue tout le monde et me retire pour dormir quelques heures, armée de boules-quiès.
Victorieuse de ce combat contre le bruit festif, je me réveille à 6h30 pour mon premier voyage dans las sierras (les terres du centre) : direction la Cumbrecita, à 2h30 de bus de Cordoba.

La Cumbrecita  est un village de montagne, niché dans une forêt du Valle de Calamuchita. L'endroit  est très calme, presqu'indolent en raison de son caractère exclusivement piétonnier. On peut se promener sur des sentiers forestiers menant à des bassins naturels, à des cascades et à des points de vue pittoresques.

Promenade dans la montagne au petit matin (que friiiiiiiiiio)

Photo de groupe devant la cascade, suivi d'un pique nique

Et petite sieste au bord du lac. On est biiien =)

En somme, on aura quand même bien marché, bien sué et bien apprécié ! L'existence d'un tel parc est inenvisageable en France, les normes de sécurité y font bien souvent pâlir...
Il doit sûrement être encore plus agréable de visiter cet endroit en été, car actuellement les températures ne permettent pas de s'amuser dans l'eau... Il faut plutôt avoir un col roulé, des bonnes chaussettes (merci Pascal ;), un gros manteau et des gants en poil d'alpaga. Heureusement pour la chochotte que je suis, je devais être la mieux équipée ! 


samedi 28 juillet 2012

Je commence à comprendre que je m'installe à Cordoba quand...

La première semaine d'intégration à l'Universidad Catolica se termine déjà. A partir de lundi, les choses sérieuses vont commencer avec le début des cours en compagnie des vrais Argentins. L'université nous donne une semaine pour tester les cours qui nous intéressent, afin d'en sélectionner cinq lorsque le 3 août sera venu. Je pense pour ma part profiter principalement du département de philosophie et des humanités, qui délivre la majorité des cours d'histoire.

Pour fêter la fin de cet avant-gout à la vie cordobes qui nous attend, l'équipe de l'AIA (Area del Intercambio Academico) nous a organisé un petit festin. Au menu :  petits pains, sauces en tout genre ET une patte de vache grillée.

La pata de la vaca y salsas

 Inutile de vous dire que les autres m'ont regardée un peu bizarrement quand ils m'ont vue prendre une assiette avec un petit tas de viande et m'installer tranquillement fourchette et couteau à la main pour faire honneur à feu la vache argentine...

Après ce moment convivial, nous sommes allés faire un tour dans le centre de Cordoba qui revêt un tout autre visage de nuit.

Spectacular spectacular, there's no word in vernacular

Cela fait maintenant une semaine que je suis arrivée dans cette ville, et je commence à comprendre petit à petit que je m'y installe. Pour preuve :
- je n'ai plus besoin de plan pour me balader dans le centre de la ville (vous pourriez me dire que l'agencement quadrillé de la ville facilite la chose...)

Une pauvre fille encore en pyjama essayant de donner l'impression de déchirer une carte qui ne lui est plus nécessaire pour arpenter la ville

- je ne me pince plus le nez à chaque fois que j'ouvre le frigo, faut croire que la puanteur d'un frigo de résidence étudiante est universelle.
- mes chers colloc savent désormais que je ne matte pas une revue coquine tous les soirs dans l'espace commun, mais que j'écris presque chaque jour sur mon carnet de bord^^

"Fighting femmes of France !"

- j'ai fait l'acquisition d'un portable et d'un numéro argentin. L'heureux élu est un vieux model Alcatel tout pourri à 200 ARS.
- J'ai enfin mis ma petite photo sur le planisphère dessiné sur le mur de la salle commune !

Vous reconnaîtrez la petite francesa tout en haut à droite ! 

- j'ai acheté mes premiers vêtements argentins. Bénies soient les bottines en cuir d'ici !
- et pour finir, je suis enfin devenue copine avec les chiens errants de la ville, qui sont de bonne compagnie le soir.

On ne se moque pas de ma tête de fennec. Vous aussi vous seriez surpris par une attaque-léchouille impulsée par un sac à puces.

mardi 24 juillet 2012

Rentrée à la Universidad Catolica de Cordoba (UCC)


Alors que d'autres sont au beau milieu de leurs vacances d'été, certains font déjà leur rentrée scolaire...
Et oui, dans l'hémisphère sud, le calendrier scolaire est inversé et j'ai commencé aujourd'hui par le second semestre argentin. Paradoxal n'est-ce pas?

L'université que j'intègre se nomme la Catolica de Cordoba. Fondée en 1956 (ce qui est assez long pour un établissement privé en Argentine), l'université délivre un enseignement jésuite.


Espérons que les méthodes employées ne seront pas aussi rigoureuses que dans le temps ! En tout cas, pas d'enseignement de latin en vue...

La première semaine commence en douceur, avec l'intégration exclusive des élèves en échange. Je me retrouve donc à 10h30 dans une petite salle en compagnie de Français, Allemands, Nicaraguayens, Vénézueliens, Mexicains, Etatsuniens et Norvégiens. Comme aimait à le dire Richard Descoings : éclectique.

En plein centre de Cordoba, le siège principal de l'université est minuscule mais très agréable.

Sede Trejo, un autre style que la rue Saint Guillaume =P


Toutes les salles de classe donnent sur un vaste patio. Il y a même une petite cafétéria avec une terrasse à disposition des étudiants.

L'équipe administrative qui nous a accueillis fut très agréable, en prenant garde d'utiliser un espagnol articulé. Ils semblent très à cheval sur la paperasse, en particulier sur tout ce qui touche à la santé. Il faut dire que Sciences Po cotise déjà une assurance rapatriement pour ses élèves, que Maman a souscrit à une assurance internationale pour moi, et qu'en plus de cela tous les élèves doivent souscrire à une assurance supplémentaire en Argentine ! Que d'argent dépensé pour ce qui semble être la même chose...

Après m'être entretenue 10mn avec Dario Vasquez, le grand manitou de l'intercambio (qui ressemble étrangement à Manuel Valls), la première journée à la UCC se termine, et j'en profite pour manger un morceau avec les autres jeunes de l'Intercambio. Au menu, empenadas (une sorte de petit chausson farçi de viande, oeufs, pomme de terre et autres ingrédients) sur la Plaza San Martin, en compagnie de chiens errants qui ma foi, me paraissent de plus en plus sympathiques. Je pense que je finirai par en caresser un, lorsque la douce fourrure de ma petite chienne préférée me manquera un peu trop...


L'esprit vivace de Brook from the Mares

lundi 23 juillet 2012

Cordoba Capital

Mon troisième jour à Cordoba est dédié à l'exploration un peu plus approfondie de la ville. Pour ceux qui ne le savent pas, Cordoba est la deuxième ville d'Argentine avec ses 1,5 million d'habitants, située à 715 km au nord-ouest de Buenos Aires. La ville a un passé étonnamment riche et doit son héritage culturel aux Jésuites, qui s'y installèrent dès leur arrivée en Argentine.
Je profite donc de devoir m'enregistrer au Consulat de France en Argentine afin d'arpenter les principales rues. 
J'ai la chance d'habiter à la fois dans le centre et dans un quartier assez calme de la ville. Située tout près du parc, ma résidence est parfaite pour passer une soirée au calme.

"Les amoureux qui s'bécott'nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s'disant des "Je t'aime" pathétiques
Ont des p'tit's gueul' bien sympatiques"

Le soir au parc Sarmiento, à deux minutes à pied de chez moi

Il faut compter une quinzaine de minutes pour joindre le centre historique de la ville, qui est des plus charmants. Les couleurs sont vives, les gens foisonnent, les chiens errants font la sieste au soleil et les policiers omniprésents ne manquent jamais de saluer ceux qui daignent leur décocher un regard.

Plaza de la Intendencia

C'est cependant la rue Obispo Trejo qui aura le plus retenu mon attention. Elle est jonchée de belles boutiques, de cafés attrayants et de monuments coloniaux. C'est aussi la rue de deux universités : la Universidad Nacional de Cordoba et l'Universidad Catolica de Cordoba (la mienne !)


 Vue de la place de la Manzana Jesuistica