dimanche 4 novembre 2012

El dia de los muertos

Alors que la plupart ont passé la semaine à rechercher leurs costumes de Catwoman, de vampire ou de zombie pour Halloween, la Ruka a préparé avec effervescence "El dia de los muertos", une tradition mexicaine suggérée par mon cher coloc Arturo originaire de ce pays.

Le jour des morts est une fête qui vise à célébrer le retour des défunts dans les lieux où ils ont vécu. Les vivants laissent à disposition de la nourriture et des objets évoquant leur souvenir, et festoient allègrement en compagnie de ceux qui ne sont plus.
Pour symboliser les morts, il faut passer par la confection de catrinas, sorte de poupées de papier représentant des cadavres.

Armi et Marcos en pleine inspiration artistique

Une fois les catrinas formées, il faut encore les peindre. C'est à ce moment que les rukenos ont rivalisé d'imagination, en réalisant une catrina pirate (avec un perroquet sur l'épaule), une catrina de haute couture, une catrina brésilienne, une catrina à fleur...

Les catrinas, soutenues par des bouteilles de bière. Normal.
Après avoir installé des bougies et des offrandes dans l'ensemble de la maison, nous sommes prêts à recevoir les invités. Le reste de la soirée est plus confidentiel ;)

lundi 29 octobre 2012

Excursion à la Cumbre

"Tú no eres para mí todavía más que un muchachito igual a otros cien mil muchachitos. Y no te necesito. Tampoco tú tienes necesidad de mí. No soy para ti más que un zorro entre otros cien mil zorros semejantes. Pero si me domesticas, entonces tendremos necesidad el uno del otro. Tú serás para mí único en el mundo, yo seré para ti único en el mundo... "

A quoi bon citer le Petit Prince en espagnol, alors qu'Antoine de Saint Exupéry l'a écrit dans ma langue natale? J'ai l'impression qu'ici, ce livre occupe une place bien plus importante que dans son pays d'origine. La plupart des jeunes l'ont lu et le relisent, le prennent comme philosophie de vie. Ce fut donc ma première lecture romancée en espagnol il y a quelques mois maintenant. Déjà quelques mois.

Ce laps de temps aura suffi à créer de jolis liens, qui ne peuvent qu'être renforcés par des expériences vécues en commun.

Cette "finde", j'ai effectué mon baptême de l'air en faisant du parapente à la Cumbre, un des meilleurs endroits de l'Argentine pour ce genre d'activité étant donné que ce fut le lieu de la coupe du monde de parapente en 1994. La chose s'étant décidée en deux temps, trois mouvements, je n'ai guère eu le temps de sentir la boule de stress dans le ventre me perturber. Cette absence d'angoisse était adéquate puisque contrairement à ce que j'aurais pu penser au préalable, le parapente n'est absolument pas une activité "extrême" qui provoquerait des montées d'adrénaline. J'ai trouvé ça plus comparable à la sensation provoquée par la plongée sous-marine : grand calme, sorte de "bliss" qui ondule au grès des courants d'air ascendants et descendants...

"J'ai pas vraiment les pieds sur teeeeeeerre, j'aimerais bien être un oiseauuuu"

Nous avons chacune volé avec le super instructeur Toti, qui décidément ne fait pas ses 40 ans^^. Les conditions climatiques étaient assez idéales, quel bonheur de divaguer dans les airs en simple tee-shirt !
J'ai décidé de pousser mon degré de béatitude encore un peu plus loin en faisant une balade à cheval avec Louise, ma tendre compagne rukenienne, qui était un peu moins rassurée que moi. Au passage, je confirme que monter en short est une fort mauvaise idée : il en résulte de sévères brûlures au mollet quand on serre les pattes un peu trop fort...

Ça ne vaut pas un Cussy, mais ce petit criollo était tout de même fichtrement agréable !


Après avoir dormi dans une auberge de jeunesse étrange, où le patrons d'environ 25 ans à l'épaule cramée nous a laissé les clefs pour que nous fassions office de réceptionnistes, nous rejoignons les topains de la Ruka à Capilla del Monte, direction le parc de los Terrones, très difficile d'accès (paye-toi les 2 heures de marche à pied en plein soleil qui, dit-on nous envoie ces gentils rayons en passant par le trou de la couche d'ozone).


Parque de los Terrones, Cordoba


La visite se faisait obligatoirement avec un guide, car il paraît qu'il est facile de se perdre dans cet endroit. Les gens semblent très remplis de croyances dans les environs de Capilla del Monte. On dit que la ville recevrait la visite fréquente d'OVNI. Certaines théories affirment que sous le Cerro Uritorco se trouverait Erks, une ville souterraine qui selon certains "spécialistes" occuperait le site où la prochaine régénération de l'espèce humaine serait programmée par ces visiteurs célestes. Quoi qu'il en soit, ces histoires font bien fonctionner le tourisme local. J'ai même failli me prendre au jeu en voulant acheter un autocollant Ovni pour coller sur mon thermos à maté en guise de souvenir. Cependant ma radinerie française m'en aura empêché !

vendredi 28 septembre 2012

Viajando por Salta y Bolivia

Quinze jours de découvertes, de douches froides, de cheveux gras, de feuilles de coca, de poussière, de marche, de lamas, de vigognes, de jupes colorées, de lourdes tresses, de cumbia, de chat japonais et d'hermana Berta.

La semaine de l'étudiant était l'occasion rêvée pour découvrir du pays. Nous avons passé la première semaine dans les provinces de Salta et Jujuy, au nord de l'Argentine, où nous avons loué un 4x4 afin de mieux sillonner les environs.

Iglesia de san Francisco, Salta

Les villes de la région sont intéressantes et lourdes d'histoire mais ce n'est pas ce qui nous intéresse le plus : les paysages du nord argentin nous attendent. Il s'agit surtout de voir les Valles Calchaquies et la Quebrada Humahuaca, site classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Au cours de cette semaine de balade, nous sommes tombés sur des endroits à couper le souffle, souvent complètement déserts. L'expérience la plus mémorable restera sans doute le Parque nacional de los Cardones, désert de cactus aux ambiances multiples.

Anais émerveillée devant tant de splendeur au Parque Nacional de los Cardones
L'avantage de la location de voiture est que nous sommes totalement libres. Nous nous arrêtons où bon nous semble et laissons plus facilement place aux éléments imprévus. Nous avons par exemple passé la nuit au village de Molinos où il n'y avait que deux voitures de touristes et nous avons tranquillement remonté vers le nord par la suite, en traversant Salta, Jujuy, le parc Calilegua, Purnamarca, Tilcara,  Humahuaca, Iruya... que de noms exotiques emprunts de couleurs.

Quebrada Humahuaca, où nous avons d'ailleurs creuvé un pneu de notre 4x4...

Le samedi, nous passons la frontière bolivienne après une grosse heure d'attente. En Bolivie, tout semble moins cher, les femmes ont des vêtements typiques très chatoyants.

Je précise que ce n'est pas ma photo, les Boliviens ne semblant guère apprécier la vision de mon Olympus...

Arrivées à la ville de Tupiza, nous rejoignons une excursion proposant d'aller jusqu'aux salares d'Uyuni, point phare de notre voyage. Nous partons à deux voitures dans des conditions plutôt difficiles. La plupart des auberges dans lesquelles nous passons n'ont ni eau chaude, ni  électricité après le couvre feu. Etant donné qu'il a fait jusqu'à -15°C, imaginez-vous les nuits d'enfer  que j'ai vécues malgré mes trois couvertures, duvet, pull en lama et chaussettes de compet. Le matin en sortant ma tête du duvet de plastique, le mouvement produisait des étincelles. Je dis bien des étincelles, sûrement dues à l'électricité statique de l'air.
Le potentiel naturel de la Bolivie est grandiose : nous nous sommes baignés dans des termes à 30°C alors que l'air était aux environs de 5°C (à 4 000 mètres d'altitude...), nous avons admiré des geysers et des lagunas, nous avons découvert ce qu'était un désert de sel...

Promis on n'a pas écrasé notre guide...

La photo ci-dessus a justement été prise aux salares d'Uyuni, un des plus beaux endroits du monde que j'aie jamais vu... Cette étendue de sel est située à 3 650m d'altitude. Avec une superficie de 12500km², elle constitue le plus vaste désert de sel du monde et représente un tiers des réserves de lithium de la planète . Impressionnant n'est-ce pas? Nous avons passé près de deux heures à prendre des photo utilisant des effets d'optiques plus compliqués les uns que les autres.
Bref, si vous avez l'occasion de partir en Bolivie, n'hésitez pas, la nature y est incroyablement puissante.

Maintenant, il est temps de retourner à la trivialité cordobes, et mercredi mes premiers exam se déclarent. Que Jorge, le gato de la suerte, soit avec moi !

jeudi 13 septembre 2012

Yo persigo una forma...

Le premier véritable voyage approche les enfants ! Samedi soir à 20h, direction Salta, dans le nord de l'Argentine afin de visiter les environs durant une petite semaine. Ensuite, nous reprenons le bus direction le sud de la Bolivie et les fameuses salières d'Uyuni... ça va être biiiiiiiiien =)

En attendant, je prépare mon petit sac de 7kg en prenant soin d'emporter mes deux couteaux. Mes précieux...
En effet, il paraît que la Bolivie n'est pas l'un des endroits les plus sûrs du monde. Pour information, si jamais il m'arrive quoi que ce soit, prenez soin de Mambo, jouez Enjoy the ride de Morcheeba, embêtez-vous à trouver des fleurs bleues (parce que c'est ma couleur préférée). Ma dernière volonté est d'être enterrée sans cercueil à la campagne mais il paraît que ce n'est pas très légal... Qui serait prêt à devenir hors-la-loi pour mes beaux yeux?

En dehors de ça, le quotidien cordobes s'installe et je continue à apprécier la ville. En ce moment, c'est la période des examens intermédiaires mais cela n'est pas une cause de grand stress pour moi. J'ai accompagné mes coloc un peu plus stressés à un concert gratuit mardi soir, et à ma grande surprise j'ai eu l'impression qu'il s'agissait de musique de qualité. Voici de quoi vous en donner une vague idée : 


L'ambiance était fort animée et notre petit groupe a même réussi à obtenir un cd gratuit grâce aux efforts mercantiles de Larissa. Les gens disent que Cordoba s'anime de plus au plus à l'approche de décembre. Chouette petite ville en somme.


Je reviens bientôt avec une panoplie de photo qui devraient réussir à vous faire pâlir d'envie !

lundi 3 septembre 2012

Excursion à la Cuesta Blanca

En plein hiver, il fait parfois une trentaine de degrés à Cordoba. C'est donc l'occasion de prendre son sac à dos et de s'improviser une journée dans les terres. Ce week-end, notre choix s'est porté sur Cuesta Blanca, à 1h30 en bus de Cordoba.

L'endroit est un peu sauvage et difficile d'accès. Le bus nous a déposé au village et nous avons dû marcher une vingtaine de minutes sur un chemin serpenté avant qu'un pick up ne nous propose de nous emmener à proximité de la playa de los hippies. Encore une vingtaine de minutes plus tard, le pick up s'arrête et nous dépose en haut d'un sentier très escarpé. La vue est magnifique : une rivière bordée de sable nous attend, où des chevaux à peine domestiqués s'abreuvent . 

Playa de los Hippies, Cuesta Blanca, Cordoba

Nous avons profité de tout l'après-midi pour se baigner dans la rivière (qui parfois atteignait jusqu'à deux mètres de profondeur), boire le maté, jouer aux petits chevaux, discuter et surtout bronzer un peu.

Détente sur la plage avec mon sisterno mexicano, Arturo ;)

Quel plaisir de batifoler au soleil éloignés de l'ambiance citadine... Les seules autres personnes présentes sur la plage étaient des sortes de hippies, dont l'un vit à cet endroit depuis près de 13 ans et vend des babioles aux touristes. De conversation très agréable et étonnamment facile à comprendre, l'homme reste assez au courant des choses du monde et s'est enquis du devenir de notre cher président môsieur Sarkozy... ! A la fin de notre petite discussion, il m'a même autorisée à prendre un cliché de lui et de sa compagne.

Treize ans dans une tente, batman !

vendredi 24 août 2012

Déjà un mois à l'étranger

Le recours est battu : je n'ai jamais de ma vie passé une si longue période hors de ma douce France. Ce premier mois aura filé à la vitesse de l'éclair, à tel point que j'ai le sentiment que le temps s'est gelé en France et qu'à mon retour, rien n'aura bougé. Faut croire que vous continuez quand même à vivre outre atlantique.

Mes deux jouets préférés...


La Ruka est devenue comme chez moi. Je circule sans gêne aucune en pyjama dans les espaces communs, je gronde les gens quand ils omettent de fermer le frigo ou quand ils me volent une Danette au chocolat, mes "hermanos de casa" sont très protecteurs envers moi et connaissent désormais mes amies de l'université.

Ici, la plupart des gens font ce qui est en leur pouvoir pour mettre les étrangers à l'aise. Comme me l'a dit Oscar, l'homme qui nous a trouvé des chevaux à la Falda, "si je vous traite bien pour que vous aimiez mon pays, si je vous donne du temps et de l'aide, ça me reviendra un jour" (mas o menos...). L'homme nous a emmenées en voiture sur plusieurs kilomètres, prêté tables et toilettes, fait visiter son petit commerce.

Par contre, comme aime à le préciser mon coloc Armi, les gens portant l'uniforme ne sont pas d'une telle courtoisie si le porte monnaie ne suit pas : système de courrier, banques, immigration et police sont rudes et fonctionnent à deux vitesses.

Je commence à avoir fait le tour des sierras du centre environnant Cordoba, il est temps pour moi d'envisager de partir un peu plus loin sur plusieurs jours. Cela tombe bien, puisque la "semaine de l'étudiant" approche. Du 14 au 21 septembre, les étudiants argentins profitent d'une semaine où ils sont libérés de leurs contraintes scolaires habituelles, bien que pouvant aller en cours s'ils le souhaitent. Cela est parfait pour les étudiants étrangers en échange universitaire, parce que cela nous permet de partir sur plusieurs jours. Pour ma part, je pense pousser le voyage jusqu'à Salta, dans le Nord de l'Argentine, et pourquoi pas poursuivre la route en Bolivie et Pérou en compagnie de mes coloc... Cela dépendra de l'obtention à temps de mon Visa et de mon calendrier scolaire.

lundi 20 août 2012

Excursion a la Cueva de los Pajaritos

Présentée comme une des sept merveilles de la région de Cordoba, la cueva de los Pajaritos ("la grotte des petits oiseaux") est assez difficile d'accès. Après être arrivés à la ville de Tanti, il faut encore parcourir les 8 km nous séparant de l'entrée du parc. Nous cherchons donc désespérément à faire du stop et à trouver un taxi. Au bout d'une bonne heure, les négociations avec un chauffeur de transport scolaire portent leurs fruits et nous arrivons 30mn plus tard à l'entrée du parc. Trente minutes en effet, c'est un peu long pour seulement 8km mais l'unique accès est un chemin de terre cahoteux grimpant dans les montagnes...

La comunidad del anillo delante de la entrada del parque

L'endroit est très joli et incroyablement vaste. Cascades, chemin, végétation et faune s'entrecroisent. La plupart des gros rochers on été baptisés en fonction de leur vague ressemblance avec des choses plus connues. Ainsi, la tête d'Indien, l'ours, le tank, etc. Il fut parfois assez difficile de reconnaître les formes, ce qui donne lieu à des spéculations assez amusantes...

Saurez-vous reconnaître le tank?

Une fois l'ensemble du parc parcouru, il a bien fallu penser à repartir. Pour le retour, pas de taxi en vue. Il nous faut donc descendre les 8 km à pied : et c'est parti pour 2h de marche dans las sierras, avec des paysages à couper le souffle...

Si on regarde bien il y a des chevaux et des bovins en liberté qui se cachent un peu partout.

Après avoir attrapé un joli coup de soleil sur mon majestueux nez et senti les muscles de mes cuisses doubler de volume, nous trouvons un bus qui nous amène à Carlos Paz afin de passer la nuit.
Nous nous sommes contentés d'un petit hôtel disposant de dortoirs. Les voisins ont dû nous maudire pour cause de tapage nocturne, mais le "maté" improvisé de Vinciane s'est avéré fort utile ;)

Nous dédions le lendemain à l'exploration de la ville de Carlos Paz, mais ce village de vacances pour les Argentins n'est pas franchement attirant pour les touristes. Nous sommes donc restés très peu de temps, et avons rejoint Cordoba en hélant un petit bus au coin d'un feu rouge. Le coût de ce bus était proportionnel à son confort, mais nous sommes revenus sains et saufs chez nous, prêts à finaliser l'obtention de notre Visa étudiant dès le lendemain. Et oui, officiellement  je ne serai plus une touriste demain !